Au début des années 2000, bien avant l’ère du smartphone et des CMS clés en main, j’ai travaillé avec un fabricant de tables en fer forgé et mosaïque installé au Mexique.
Il avait conçu lui-même son site e-commerce, en HTML et PHP, avec un objectif clair : que le visiteur perçoive immédiatement l’authenticité de la fabrication artisanale.

Le résultat ?
Un webdesign volontairement minimal, des photos prises sur le vif, peu de fioritures. Un site imparfait, mais cohérent avec le produit.
Vingt-cinq ans plus tard, alors que l’IA bouleverse la production de contenus et d’interfaces, cette approche revient… mais avec une dimension stratégique assumée.
En 2026, la majorité des sites sont efficaces… et interchangeables.
Templates, interfaces lisses, contenus générés par IA : tout fonctionne, mais rien ne marque.
L’anti-design, sous la bannière du mouvement le plus représentatif le « néo-brutalisme », s’impose comme une réponse rationnelle à cette standardisation :
L’objectif n’est pas de plaire à tous, mais d’être immédiatement identifiable et aussi de « faire soi-même », on veut faire preuve d’authenticité
L’IA sait fabriquer du beau et du fluide. Tout le monde peut avoir accès à cette qualité de réalisation, alors la vraie valeur du travail naturellement se déplace.
En 2026, le véritable luxe est l’authenticité lisible. « Lisible dans le sens qu’on la voit tout de suite » que cela ne laisse aucun doute sur la réalité du contenu du média proposé.
Plus un métier est manuel, sensoriel, plus son expression digitale gagne à être brute, directe, assumée.
« Le web ne surjoue plus : il montre. »
Instagram est devenu souvent le premier point de contact.
Le site internet, qu’en à lui, devient alors un point d’ancrage stratégique :
Cela se manifeste par : moins de pages, moins de discours, plus de sens.
Des thèmes néo-brutalistes existent.
L’IA sait produire du “brut” !
La différence se joue ailleurs : dans l’intention de montrer « vrai », dans l’alignement avec le métier réel, dans la posture de marque.
Sans cela, l’anti-design devient un style plus qu’une démarche.
L’anti-design n’est pas une mode graphique à suivre.
C’est une réponse stratégique et business face à un web qui s’artificialise.
En 2026, faire moins n’est pas le sujet mais faire juste l’est.
Quelques sites à découvrir :
https://www.boucheron.com
https://www.maisonmargiela.com
https://www.neoberlin.com/
https://www.rawcolor.nl
A l’origine du web, le principe était d’ouvrir la connaissances au monde, et le code html était quant à lui développé pour du contenu textuel avec des hyperliens.